Outils pour professionnel.le.s et intervenant.e.s

Le Trouble du spectre de l’alcoolisation foetale (TSAF) est la principale cause évitable d’anomalies congénitales, de troubles du développement et de déficience intellectuelle chez les enfants à naître.

Afin de prévenir ce trouble 100 % évitable et pour améliorer vos connaissances sur celui-ci, voici des informations et outils utiles pour votre pratique.

Des faits préoccupants sur le TSAF, l’alcool et la grossesse

Recommandation en vigueur

Au Québec, l’Avis de santé publique du ministère de la Santé et des services sociaux en vigueur se lit comme suit : « Si vous êtes enceinte ou planifiez le devenir, ne prenez aucun risque, ne prenez aucun alcool. »

Alcool et grossesse : une problématique complexe

L’alcool traverse le placenta et intoxique le fœtus. Les effets de la consommation d’alcool pendant la grossesse sont imprévisibles, variables et permanents. Près de 400 problèmes de santé possibles y ont été associés.

Le Trouble du spectre de l’alcoolisation foetale (TSAF) est difficile à diagnostiquer et souvent confondu avec d’autres diagnostics, comme le trouble de l’opposition et le trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité.

Un sondage ASPQ-Léger réalisé à l’été 2020 indique que :

  • 64 % des adolescent.e.s, 50 % des Québécois.es et 28 % des femmes enceintes ne connaissent pas le TSAF.
  • Les femmes enceintes de 18-24 ans ont davantage tendance à maintenir leur consommation d’alcool pendant la grossesse.
  • Selon les femmes interrogées, dans près de 50 % des cas, la question de la consommation d’alcool durant la grossesse n’est pas abordée par les professionnel.le.s lors du suivi de grossesse (ou ne l’est pas suffisamment pour qu’elles s’en rappellent…).
  • La prévalence du TSAF est méconnue au Québec. Toutefois, selon une étude récente (Popova, 2018), la prévalence du TSAF serait de 2 à 3 % à Toronto. 

L’alcool et les femmes au Québec

Saviez-vous que…

80 % des Québécoises âgées de 12 ans et plus consomment de l’alcool et près de 50 % d’entre elles le font régulièrement.

29 % des femmes âgées de 18-34 ans consomment de l’alcool de manière excessive (4 verres ou plus en une même occasion) au moins une fois par mois au cours de la dernière année.

Recommandation en vigueur

Au Québec, l’Avis de santé publique du ministère de la Santé et des services sociaux en vigueur se lit comme suit : « Si vous êtes enceinte ou planifiez le devenir, ne prenez aucun risque, ne prenez aucun alcool. »

Sensibilisez les jeunes, les futurs parents et la population aux risques reliés à la consommation d’alcool durant la grossesse

L’ASPQ a développé la campagne de sensibilisation Pendant la grossesse, on boit sans alcool. Elle peut vous aider à mieux sensibiliser vos patient.e.s à cette problématique.

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L'ASPQ vous propose une courte rencontre pour mieux sensibiliser votre équipe au Trouble du spectre de l'alcoolisation foetale.

Consultez l'infographie destinée aux professionnel.le.s et intervenant.e.s

Outils de sensibilisation à la problématique du TSAF

Affiches et signets

Capsules vidéos

Outils offerts par l'ASPQ

La majorité des gens ne connaît pas le TSAF et encore moins ses effets sur l’enfant à naître. Simplement parler de consommation d’alcool pendant la grossesse est malheureusement encore tabou au Québec. Très peu de données sont disponibles pour comprendre cet enjeu majeur de santé publique.

Découvrez des outils concrets pour mieux soutenir les futures mamans en suivi de grossesse en abordant la question de la consommation d’alcool durant la grossesse sans tabou, et avec empathie.

Vivre avec le TSAF :
un défi de tous les jours pour toute la famille

Guillaume est un jeune adulte atteint du TSAF. Il est fier du chemin qu’il a parcouru malgré les embûches multiples et grâce au soutien de ses proches. Avec son père, Marc-André, ils partagent à coeur ouvert et sans tabous leur quotidien avec ce trouble.

Foire aux questions

L'alcool et la grossesse

R. Après avoir exploré et complété ses connaissances sur les conséquences de la consommation d’alcool pendant la grossesse, tentez d’en savoir plus sur ses raisons de consommer pour offrir du soutien sans chercher une justification.

Par exemple :
Dans quelles circonstances consommez-vous de l’alcool?

  • Auriez-vous d’autres façons de vous détendre (ou de vous amuser) pour éviter la consommation d’alcool durant votre grossesse?
  • Avez-vous pensé à arrêter?
  • Si oui, quel serait votre plan pour arrêter? Si non, qu’est-ce qui fait que vous ne pouvez pas arrêter?
  • Comment puis-je vous aider?
  • Saviez-vous qu’il existe des ressources d’aide gratuites pour vous soutenir dans votre démarche?

Avisez qu’il n’est jamais trop tard pour cesser d’en consommer et partagez des ressources s’il y a eu une ouverture à cet égard.

R. Non, car aucun seuil de consommation d’alcool n’est reconnu sécuritaire pour le fœtus. De plus, les conséquences de l’alcool sont imprévisibles et dépendent notamment de facteurs que l’on ne contrôle pas, comme la génétique de la mère ou de l’enfant à naître. Voilà pourquoi on recommande l’abstinence.

R. Il est important de sensibiliser les trois publics-cibles suivants pour mieux prévenir le TSAF.

  • Les adolescent.e.s et les jeunes adultes, en amont de la parentalité :
    La moitié des grossesses ne sont pas planifiées. Présentez les vidéos de la campagne de sensibilisation mettant en scène Charly et affichez ce personnage dans votre lieu de pratique.
  • Les futurs parents et les parents, en suivi périnatal :
    Au même titre que les autres habitudes de vie, il faut discuter de la consommation d’alcool avec toutes les femmes enceintes, peu importe leurs caractéristiques socio-économiques. Il faut aussi le faire à différents moments de la grossesse puisque la consommation peut survenir plus tard ou fluctuer.
  • La population générale :
    L’entourage peut avoir un impact sur la consommation d’alcool. Pour mieux soutenir les femmes enceintes et éviter la désinformation ainsi que la pression sociale à prendre “un p’tit verre”, la population générale doit recevoir les mêmes messages de non-consommation d’alcool durant la grossesse. Diffuser ce site web et les outils de la campagne de sensibilisation Pendant la grossesse, on boit sans alcool peut notamment contribuer à normaliser la consommation et l’offre de boissons sans alcool, y compris dans les événements festifs, pour créer des environnements plus favorables à la prévention du TSAF.

Informations sur le TSAF

R. Seulement 10 à 20 % des personnes atteintes du TSAF ont des traits faciaux caractéristiques. Par conséquent, selon les lignes directrices canadiennes de 2015 (en anglais), il faut une équipe multidisciplinaire pour établir avec certitude un diagnostic de TSAF. Puisqu’il y a peu d’équipes spécialisées au Québec, le TSAF y est sous-diagnostiqué.

Si vous soupçonnez un TSAF chez un enfant, les spécialistes du CHU Sainte-Justine, de l’Hôpital de Montréal pour enfants ou du CHUL, à Québec peuvent être consultés. L’organisme SafEra, qui se spécialise dans l’accompagnement des personnes atteintes du TSAF, peut également vous pister vers des professionnel.le.s spécialisé.e.s.

Pour en savoir plus sur l’importance de diagnostiquer plus tôt que tard, consultez le 2e Bulletin TSAF : Briser les tabous pour mieux prévenir.

R. NON. Les effets de l’alcool sur le bébé en développement sont variables, imprévisibles et permanents. Le TSAF n’est pas une maladie, mais un état irréversible. Il n’existe donc pas de traitement. Toutefois, une prise en charge précoce pour stimuler certaines sphères de développement et proposer des stratégies compensatoires est garante d’une vie facilitée.

Pour en savoir plus sur le TSAF

Depuis 2020, l’ASPQ publie un bulletin annuel lors du Mois international de sensibilisation à l’alcoolisation foetale.

Publications de l'ASPQ sur le TSAF

L’ASPQ a produit divers rapports qui sont mis à la disposition des professionnels et des intervenants pour en apprendre davantage sur le TSAF.

Pistes d’intervention pour discuter d’alcool et de grossesse sans tabou

Discuter de la consommation d’alcool avec toutes les femmes enceintes et les informer que ce sujet est abordé systématiquement pour éviter un sentiment de culpabilité ou de stigmatisation.

Intégrer le sujet de l’alcool à ceux des habitudes de vie : sommeil, activité physique, médication, alimentation et tabagisme.

Utiliser les questions ouvertes qui facilitent le dialogue. Éviter les questions suggestives telles : « Vous ne buvez pas d'alcool, j’imagine? »

Privilégier les questions exploratoires sans jugement.

Exemples :

  • Est-ce que votre grossesse est une bonne nouvelle?
  • À quand remonte votre dernière consommation d'alcool?
  • Actuellement, combien de consommation d'alcool prenez-vous par jour, par semaine, par mois?

Explorer les connaissances de la femme enceinte sur les risques de l'alcool durant la grossesse. Au besoin, compléter l’information. Ce site peut vous y aider.

Exemple :

  • Que savez-vous des conséquences de la consommation d'alcool durant la grossesse?

Explorer ce qu’elle pense de boire sans alcool durant toute la grossesse, afin de savoir si elle trouve cela difficile et de lui proposer des ressources au besoin.

Exemple :

  • Que pensez-vous de la recommandation de boire sans alcool tout au long de la grossesse?

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Comprendre le TSAF et ses impacts pour la vie est essentiel.

Plus notre société sera sensibilisée aux impacts de la consommation d’alcool durant la grossesse et au TSAF, plus il sera facile de soutenir les futures mamans à ne pas consommer d’alcool durant cette étape de leur vie, ainsi que les personnes atteintes du TSAF et leur famille.

Contribuez à ce mouvement en partageant l’information avec vos proches!

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Nous sollicitons votre avis sur le site grossessesansalcool.ca.
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